
Résidences en territoires, les artistes aux côtés des habitants
Résidences en territoires, les artistes aux côtés des habitants
En rapprochant habitants, artistes et acteurs locaux, les « résidences en territoires » du Département, soutenues par le Ministère de la Culture - DRAC Ile-de-France, renforcent la présence artistique dans différentes intercommunalités du Val‑d’Oise. Selon un principe de rotation, ce dispositif accompagne les communes et les EPCI dans la structuration de leurs politiques culturelles et favorise la collaboration entre différents secteurs.
A travers les thèmes du vivant, de la transmission et du paysage, trois équipes artistiques partagent actuellement leur démarche créative avec les habitants, toutes générations confondues, en les associant pleinement à leurs projets. Chacune, dans son territoire, propose des ateliers de pratique artistique, des créations participatives, et parfois la diffusion d’œuvres existantes. Une dynamique culturelle structurante pour favoriser la participation des résidents d’un territoire à la culture et à la création.
En 2025, trois résidences ont été lancées pour 2 ans :
Les Echos du Vivant
La Communauté d’agglomération Plaine Vallée (CAPV) et le Théâtre du Shabano
Arts plastiques – Théâtre d’ombre - Ecriture
La Communauté d'Agglomération Plaine Vallée se lance dans une aventure artistique et écologique unique : Les Échos du Vivant. Pendant deux ans, la Compagnie Shabano accompagne habitants, enfants et aînés pour renouer avec leur environnement naturel à travers les récits croisés de ce qui nous lie intimement à la nature. Balades en forêt, création de totems, capsules sonores : une invitation à raconter autrement notre lien à la nature. Le point d'orgue de cette première année ? Une grande « Rue aux Enfants » le 4 juillet 2026 à Andilly, où toutes les créations seront rassemblées.
Et si la nature devenait la narratrice de nos territoires ?
Margency, Saint-Prix, Andilly, Domont, Bouffémont, Deuil-la-Barre pour cette première année, puis Piscop, Ezanville et Saint-Brice-sous-Forêt en 2026-2027 : neuf communes valdoisiennes avec des forêts périurbaines, quelques parcs, des rivières qui serpentent discrètement. Et c'est précisément cette nature ordinaire, celle que l'on côtoie sans la voir, que la Compagnie Shabano a choisi de mettre en lumière avec son projet Les Échos du Vivant.
Portée par le Ministère de la Culture – DRAC Ile-de-France, le Département et la Communauté d'Agglomération Plaine Vallée, cette résidence artistique de territoire de deux ans (2025-2027) est une invitation à se reconnecter, sensiblement et émotionnellement, au vivant qui nous entoure. Une démarche baptisée « écobiographie » : l'art de raconter l'histoire de notre relation intime à la nature.
« L'idée n'est pas d'imposer un regard d'artiste sur le territoire, mais de partir des habitants eux-mêmes, explique Valentina Arce, directrice artistique de la Compagnie Shabano. Qu'est-ce que la forêt de Montmorency évoque à un enfant de 8 ans ? Quel souvenir d'arbre habite un senior de 85 ans ? Ce sont ces récits, ces émotions, que nous allons transformer en œuvres collectives. »
Une ambition territoriale et écologique
Au-delà de sa dimension artistique, Les Échos du Vivant porte une ambition écologique claire : sensibiliser les habitants, et notamment les plus jeunes, aux enjeux de préservation de la biodiversité locale. Mais pas par un discours moralisateur ou descendant. Par l'expérience sensible, l'émotion, la création.
« L'écobiographie, ce n'est pas de l'écologie militante, précise Cécile Fraisse-Bareille, autrice spécialisée dans cette approche. C'est une manière de reconnecter les gens à la nature par leurs émotions et leurs souvenirs. Quand un enfant écrit un haïku sur l'arbre qui lui a marqué, quand un senior raconte la rivière de son enfance, ils construisent un lien intime au vivant. Et c'est ce lien qui, demain, les rendra sensibles à la protection de ces espaces. »
Le projet s'inscrit également dans une réflexion plus large sur l'aménagement du territoire. Les « Rues aux enfants », par exemple, interrogent la place de la voiture dans nos villes et la réappropriation de l'espace public par les habitants. Les balades sensorielles invitent à redécouvrir des espaces naturels parfois délaissés, comme la forêt de Montmorency ou les bords de l'Oise. »

EN PRATIQUE
Les Échos du Vivant
Résidence artistique de la Compagnie Shabano
Portée par la Communauté d'Agglomération Plaine Vallée
2025-2027
Communes participantes (2025-2026) :
Andilly, Bouffémont, Deuil-la-Barre, Domont, Margency, Saint-Prix
Communes qui rejoignent les villes déjà participantes au projet (2026-2027) :
Piscop, Ezanville, Saint-Brice-sous-Forêt
Artistes mobilisés : Théâtre du Shabano
Valentina Arce (direction artistique), Cécile Fraisse-Bareille (autrice), Edwige Latrille (marionnettiste), Dorian Vernet (créateur sonore), Jane Joyet (scénographe), Denise Namura (chorégraphe)
Publics :
Enfants (écoles, centres de loisirs, collèges), seniors (EHPAD, résidences autonomie), MECS, habitants de tous âges
Restitution du projet (année 1) : Une grande « Rue aux Enfants » le 4 juillet 2026 à Andilly
Racines Visibles
La Communauté de communes Sausseron Impressionnistes (CCSI) et les artistes plasticiens Capucine + Antoine
Photographie – Sérigraphie - Collecte de récits autour du paysage
La Communauté de Communes Sausseron Impressionniste accueille pendant deux ans la résidence en territoires « Racines Visibles » avec les artistes Capucine Lageat et Antoine Perroteau, jusqu’à l’été 2027.
Des ateliers variés et aux diverses formes sont proposés à tous les publics pour valoriser le paysage et l’histoire du territoire : photographie et utilisation de l’argentique, labo photo, balades cueillette pour collecter des plantes et réaliser des encres végétales, sérigraphie, cyanotype (photographie en négatif), collecte de récits, linogravure… autant de techniques pour révéler le paysage en s’amusant et en apprenant !
Un projet qui prend racine dans le territoire :
« Racines visibles » est une enquête artistique participative qui se déploie dans le temps long. Elle s’invente pas à pas, au fil des marches, des rencontres, des ateliers et des échanges avec les habitants du territoire.
À travers la photographie, l’impression et la collecte de récits, les artistes cherchent à croiser les regards sur le paysage vécu : villages, paysages agricoles, patrimoine bâti, gestes quotidiens et mémoires collectives.
Le projet se construit comme un temps partagé où la création devient un espace de rencontre.
Observer, écouter, marcher :
Capucine et Antoine invitent les habitants à prendre le temps de regarder et de parcourir le territoire autrement, lors de balades photographiques et botaniques accompagnées de temps d’observation et de discussion. Ces moments permettent de faire émerger des récits, des usages, des souvenirs, et de produire des images de paysage et des portraits environnementaux. Peu à peu, l’ensemble de ces matériaux compose un atlas sensible du territoire en constante évolution.
Révéler et transformer les images :
Les images produites sont ensuite tirées et révélées dans la chambre noire lors d’ateliers collectifs. Les végétaux cueillis localement deviennent matière à image : transformés en encres végétales, ils permettent d’imprimer des motifs architecturaux ou végétaux en sérigraphie.
Le paysage imprime alors ses propres traces, laissant apparaître des correspondances entre formes, matières et récits.
Confronter les regards :
Un axe central du projet repose sur la circulation des images et des récits entre les générations. Les productions passent de main en main, d’un groupe à l’autre, se transforment, se répondent.
Les images réalisées par des collégiens sont réinterprétées par des adultes, tandis que les récits d’habitants nourrissent le regard des plus jeunes.
Ces échanges donnent naissance à des formes hybrides, mêlant images et voix, correspondances visuelles, filmphoto et éditions, où chaque regard trouve sa place.
Faire circuler, partager :
Les images voyagent d’une commune à l’autre et prennent différentes formes : expositions, livret, film-photo. Partager permet de faire circuler les regards, d’ouvrir des espaces de discussion et d’inscrire le récit collectif dans le territoire.
Une résidence en mouvement :
La résidence a débuté par des temps de repérage et de rencontres, essentiels pour comprendre les enjeux locaux et imaginer des actions au plus près des réalités du territoire.
Le projet reste volontairement ouvert et évolutif : de nouveaux ateliers, rendez-vous et formes de restitution viennent s’inventer au fil des mois.
Habitants, structures, enseignants et associations sont invités à prendre part au projet, à partager un témoignage ou à imaginer une rencontre/atelier.
Pour terminer l’année en beauté, une exposition sera organisée début septembre à Labbeville.
À très bientôt sur les chemins du Vexin !
Pour recevoir le carnet de bord de la résidence, c’est ici : inscription

EN PRATIQUE
Racines Visibles
Résidence artistique par Capucine Lageat et Antoine Perroteau
Portée par la Communauté de Communes Sausseron Impressionnistes
2025-2027
Communes participantes (2025-2026) :
Ennery, Hérouville-en-Vexin, Labbeville, Frouville, Arronville, Auvers-sur-Oise, Vallangoujard, Nesles-La-Vallée.
Artistes mobilisés : Capucine + Antoine
Capucine Lageat et Antoine Perroteau sont un duo d’artistes-photographes
Publics :
Enfants et adolescents (Associations, Foyers ruraux, centres de loisirs, collèges), Familles (Bibliothèques), , seniors (EHPAD), habitants de tous âges (Associations, Club photo)
Restitution du projet (année 1) : Exposition du 5 au 8 septembre 2026 au Foyer rural de Labbeville
La 34ème commune
La Communauté de communes Vexin Centre (CCVC) et la compagnie 23chemin
Chorégraphie – théâtre documentaire – collecte de récits
La communauté de communes Vexin Centre a choisi d’accueillir pour deux années la compagnie 23chemin.
Véritable laboratoire de recherche et de création, cette compagnie se veut un outil au service de lieux habités qui se posent des questions sur leurs usages de l'espace, leur présent et leur devenir. Elle travaille essentiellement autour du corps en mouvement et du théâtre documentaire mais peut proposer d’autres modes d’expression en fonction des savoirs faire des personnes rencontrées.
Créer du lien entre les communes et les générations
La communauté de communes s’est engagée sur le sujet de la transmission, sous toutes ses formes et entre les différentes tranches d’âges. De la petite enfance aux séniors, d’un âge à l’autre, d’un groupe à l’autre, d’une commune à l’autre.
Autour de cette thématique, la compagnie se donne pour mission d’interroger et d’explorer ce que chacun peut transmettre à l’autre, aux autres, à travers des œuvres, des pratiques, des connaissances ou des gestes artistiques et cherche à constituer un héritage de voisinage d'une valeur sentimentale.
Les deux artistes rencontrent des habitants « de proche en proche » selon leur méthode de travail basée sur des enquêtes sensibles ainsi que différents acteurs qui leur permettent de percevoir les circulations humaines ou symboliques qui s’effectuent sur ce territoire et entre les générations. Ils tracent au fur et à mesure la carte des circulations invisibles qui maillent ce grand espace de Vexin Centre. Les récits, les histoires collectés sont autant de traces des différentes circulations et transmissions qui animent ce territoire. Des rencontres et des ateliers favorisent également les rencontres entre habitants. Au cours de ces ateliers individuels ou collectifs, chaque récit raconté sera mis en forme et transformé en un objet fait d’argile.
Une démarche participative pour créer du lien autour d’un conte archéologique moderne
A partir des rencontres et des récits, le projet se déclinera en trois temps :
- L’écriture d’une fiction sous la forme d’un conte archéologique, une histoire collective à transmettre dans le futur ;
- La « mise en objet » des histoires à travers une performance qui fera l’objet d’un rassemblement public ;
- Un grand rituel d’enfouissement de ces objets, sur un terrain à ciel ouvert et tenu secret, dans l’espoir qu’ils soient découvert dans 2000 ans par les générations futures

EN PRATIQUE
La 34ème commune
Résidence artistique de la Compagnie 23chemin
Portée par la Communauté de communes Vexin Centre
2025-2027
Les personnes rencontrées au fil des 33 communes :
Des habitants, des professionnels de l’Education nationale, du secteur social, associatif, des archéologues, des guides et botanistes.
Gouzangrez, Avernes, Marines, Us, Vigny, Sagy, Commeny, Ableiges, Chars, Guiry, Frémainvilles, Longuesse, Condécourt et Théméricourt.
Artistes mobilisés :
Ikram Benchrif : vidéaste
Paul Girard : chorégraphe
Publics :
Adultes, enfants, collégiens, séniors
Restitution finale du projet : été 2027
« Une histoire à transmettre pour le futur » dont les narrateurs seront l’ensemble des personnes ayant pris part au projet.
Elle prendra la forme d’un conte archéologique, d’un grand rassemblement public autour des objets qui seront choisis pour matérialiser les histoires du conte et s’achèvera par un rituel d’enfouissement de ces mêmes objets afin de laisser une trace pour les générations futures.
